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"Il faut sauver le soldat sport"

Source Article Journal de Saône et Loire

Bernard Ponceblanc : « Il faut sauver le soldat sport »
La semaine dernière, à travers une lettre ouverte adressée au chef de l’État et cosignées par 95 fédérations, le mouvement sportif français a dénoncé le manque de considération des autorités pour le sport. Un sentiment partagé localement par le président du Comité départemental olympique et sportif (CDOS).

Par Propos recueillis par Grégory MONNOT – 02 nov. 2020 à 17:00 | mis à jour à 19:30 – Temps de lecture : 4 min
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Bernard Ponceblanc est très inquiet pour l’avenir des clubs amateurs. Photo JSL /Fanny DUTEL
Bernard Ponceblanc, dans un courrier intitulé “SOS, sport en détresse” adressé à Emmanuel Macron, le CNOSF (comité national olympique et sportif français) s’est dit désemparé. Est-ce aussi votre sentiment ?

« Je partage entièrement ce que dit Denis Masseglia (président du CNOSF, ndlr). Pour nous, le sport ne fait pas partie des priorités de la nation. Il n’est pas considéré comme une culture à part entière. On veut profiter de ses vertus mais on oublie ses valeurs. La considération actuelle du sport ne me convient pas. Le sport, c’est quand même 16 millions de licenciés et c’est le parent pauvre de la nation. »

Pour vous, le sport manque-t-il clairement de soutien dans cette crise ?
« Oui, le sport n’est pas soutenu. Il y a beaucoup de paroles, mais on aimerait voir des actes. Je sais bien qu’il y a la crise sanitaire mais là, tout le monde est au garde à vous. C’est “circulez, il n’y a rien à voir”. Ça ne peut pas continuer. Avec le sport, c’est toujours de l’à peu près. On dit “oh les sportifs, ils s’en sortent toujours”. Oui, sauf qu’on est tout le temps en train de trouver des parades. »

Qu’est-ce qui vous a le plus déçu lors des dernières annonces ?
« Avec plusieurs de mes collègues, on a été surpris de ne pas voir notre Ministre des sports (Roxana Maracineanu, ndlr). Ça prouve qu’elle n’a pas toutes les manettes pour répondre aux attentes du monde associatif amateur. Parce que tous ces gens qui ne vont plus dans les clubs, on va avoir du mal à les faire revenir. C’est un peu comme les grandes surfaces qui peuvent ouvrir et le petit commerce qui n’a pas le droit. Et puis lorsque j’entends qu’on veut développer la pratique périscolaire. Mais pourquoi le périscolaire et pas la vie dans les clubs ? Les clubs sont assez responsables pour savoir ce qu’ils peuvent faire ou pas. Faisons confiance aux clubs »

Qu’est-ce que cela dit de la place du sport dans notre société ?
« C’est comme un match de rugby. On est tous rugbyman devant la télé ou en tribunes, mais dès qu’il faut aller sur le terrain, il n’y a plus personne. Là, c’est pareil. On profite du sport. Le mot sport a tellement de signification au niveau de ses valeurs que tout le monde l’emploie à toutes les sauces. Mais à un moment donné, si on veut parler de sport, il faut aussi s’en donner les moyens. »

Avec 25 % de licenciés en moins depuis le début de la crise, le sport est-il en danger ?
« Oui, il faut sauver le soldat sport. Là, tout le monde vit son truc personnel. Les gens commencent à demander le remboursement des licences. Ils attendent des prestations en face. Mais le sport, ce n’est pas ça. OK, il y a la pratique individuelle, mais le club, c’est un milieu social. Les gens ont besoin de contacts, de se rencontrer. Là, on ferme le robinet. Je suis plus qu’inquiet. Heureusement, les collectivités ne nous lâchent pas. Mais franchement, on est fatigué. Ma crainte, c’est que certains dirigeants baissent les bras […] Certains clubs vont avoir de gros soucis. Ils vont souffrir. »

Aurait-il fallu laisser le sport amateur jouer à huis clos comme le sport professionnel ?
« Personnellement, j’aurais fait pareil. Le tout sous la responsabilité des ligues et des comités. Ce sont eux qui sont en mesure de dire, en lien avec les collectivités, “ça c’est possible, ça non”. Mais interdire comme ça. Dire “on maintient le monde pro et le monde amateur vous rentrez chez vous”, ce n’est pas possible. Pourquoi deux poids, deux mesures ? Il y a déjà eu mars, maintenant novembre. Mais si on reste deux ans sans compétition, c’est la mort des clubs. »

Faut-il aller plus loin que cette lettre ouverte si le monde du sport n’est pas entendu ?
« Le sport n’est pas un milieu revendicatif. On ne défile pas dans la rue avec des pancartes. Nos valeurs, c’est la pratique. Mais je suis partisan que le monde du sport se réveille. Les Jeux, c’est dans trois ans. Aujourd’hui, les aides sont largement insuffisantes à l’approche de la période olympique. Il faut que le poids du sport soit davantage pris en compte. »

La lettre ouverte du CNOSF

La lettre ouverte du CNOSF
Le sport ne fait pas partie des priorités de la nation. On veut profiter de ses vertus, mais on oublie ses valeurs.

Bernard Ponceblanc

Repères

? ? Pratique professionnelle

Seuls les sportifs professionnels, de haut niveau et Espoirs inscrits sur liste ministérielle dont c’est le métier, sont autorisés à continuer leur activité. Les éducateurs sportifs professionnels tout comme les arbitres, juges, officiels, prestataires peuvent également bénéficier d’une dérogation. Les compétitions professionnelles doivent se dérouler à huis clos.

? ? Pratique amateur

La pratique individuelle est, elle, uniquement autorisée dans la limite d’1 km autour de son domicile, pendant 1h maximum et une fois par jour. Quant aux mineurs, les cours d’EPS sont maintenus au programme scolaire. Les associations sportives pourraient être sollicitées en soutien des écoles et des collectivités pour la prise en charge des enfants.